Le Kimberley

Rafraîchis par notre étape aquatique, dégoûtés par Darwin et sa banlieue, nous sommes enclin à un regain de motivation pour continuer notre route. Jusqu’ici, le voyage était plus ou moins planifie, comme si ce premier demi-tour d’Australie était essentiel et que le suivant n’était finalement que du bonus. En plus de n’avoir pas confiance en la solidité de DéDé notre van, nous étions septique quant à notre réelle aptitude à voyager à deux pendant de si longs trajets.

On ne se rend pas compte lorsque l’on est entraînés dans le tourbillon de la vie à quel point nous ne vivons pas vraiment à deux. Je m’explique. Dans la vie de tous les jours, on quitte le domicile familial le matin pour aller travailler et rentrons dans notre logis le soir venu. On occupe les temps libres par des hobbys ou des visites chez nos amis respectifs. Bref on ne voit sa moitié, en général, que quelques heures dans la semaine. Nous, en voyage, nous sommes ensemble 24h/24 et 7j/7, nous avons d’immenses routes devant nous mais sommes enfermes dans un van. Nous devons manger, dormir, réfléchir et vivre chaque minute ensemble. C’est un test très difficile à passer pour un couple et nous avons croisé beaucoup de voyageurs qui ont rompus leur relation sur le trajet.

L’un et l’autre de ces aspects tiennent bon à ce jour malgré des hauts et des bas alors pourquoi ne pas continuer ?

Tout droit, toujours tout droit...

Tout droit, toujours tout droit...

Nous prenons donc la direction de l’Ouest, avec en ligne de mire Broome, sur la côte. Nous pensions être débarrassés du désert et de la chaleur, nous pensions retrouver la civilisation, nous pensions que l’enfer de l’outback était fini… nous devrions arrêter de penser !

Les 2000 km à parcourir pour atteindre notre destination étaient pires que ce que nous avions déjà traverse. Il faisait plus chaud, plus sec, plus montagneux et plus aride.

Comme toujours la magie de ce décor était époustouflante. Les points de vue sur les sommets des collines, au couche du soleil nous plongeaient dans un monde féerique. Les teintes de rouges, de roses et d’oranges n’en finissaient pas de dévoiler des nuances infinies. 

La nuit venue il est impossible de s’endormir tant la chaleur est accablante. Nous vidons des bouteilles d’eau sur nos corps nus en attendant qu’un semblant de brise vienne faire frissonner notre peau, en vain. Quand enfin nous dormons du sommeil du juste ce sont les premiers rayons du soleil, déjà brulants et les mouches omniprésentes qui nous tirent des bras de Morphée. 

Qu'il est bon de prendre un peu de hauteur...
Qu'il est bon de prendre un peu de hauteur...

Qu'il est bon de prendre un peu de hauteur...

Au niveau de Kununura et du lac Argyll, la présence de l’eau rend la situation à peine plus vivable. Les crocodiles infestent la région et nous ne pouvons même pas nous baigner. La solution des piscines municipales, prises d’assaut par les marmailles est la seule plausible. Même remplir une bouteille d’eau devient un véritable challenge. Il y a beaucoup de choses à visiter dans cette vaste région montagneuse, seulement accessible en 4X4, a cote desquelles nous allons passer sans pouvoir aller jeter un œil. Voilà une nouvelle leçon pour nous, choisir son moyen de locomotion en fonction de la région visitée sous peine de ne rien apprécier.

Des lacs et des baobabs, un oasis dans le désert...
Des lacs et des baobabs, un oasis dans le désert...

Des lacs et des baobabs, un oasis dans le désert...

... où il ne faudra pas se baigner!
... où il ne faudra pas se baigner!

... où il ne faudra pas se baigner!

Après plusieurs jours de ce voyage nous arrivons enfin à Broome. En lieu et place de l’importante ville imaginée il n’y a qu’une bourgade endormie. Les habitants somnolent sous les arbres ou pique-niquent a la plage ce qui finalement nous va très bien.

Nous resterons plusieurs jours sur place, d’une part pour nous reposer de cette traversée d’Est en Ouest de l’Australie et des 6000 km parcourus ce dernier mois, d’autre part pour réparer le van qui a méchamment souffert des journées de route en plein soleil.

La grosse surprise vient de la cote. Alternant plage de sable blanc et roches ocre sur une mer d’un turquoise irréel, chaque conclusion de ballade est un bijou et on en prend plein les yeux. Notre emploi du temps se résume à du farniente à l’ombre toute la journée. Le soir venu on assiste aux couchés de soleil sur la plage et le temps s’arrête quelques heures… qu’on est bien là !

Entrée fracassante dans notre top 5 australien!
Entrée fracassante dans notre top 5 australien!

Entrée fracassante dans notre top 5 australien!

What else ?
What else ?

What else ?

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