L'Outback

Le soleil est déjà haut dans le ciel et la chaleur intenable. La machine à laver vient de se terminer et nous suspendons méthodiquement le linge aux quatre coins du van. Dans moins d'une heure tout sera sec. Un dernier check-up avant de prendre la route vers l'Ouest, vers l'Outback et nous serons parés. Trente cinq litres d'eau, des légumes, des conserves, des pâtes et surtout des noodles, le meilleur ami du voyageur; mais aussi un bidon d'huile moteur et un d'essence, des outils, de la crème solaire et des bières... chaudes.
Il est difficile de s'imaginer où l'on s'embarque avant de traverser l'Australie d'Est en Ouest, on sait seulement que ça va être très long et on est loin du compte.

"Highway to hell" résonne a fond dans les enceintes lorsque nous quittons Townsville. Les premières centaines de kilomètres s'avalent d'une traite, loin de nous douter qu' Angus Young et ses potes nous avaient simplement envoyé un message. Le soir venu, nous rejoignons Rémi au bord d'une petite rivière, la dernière avant longtemps, pour échanger nos premières impressions sur le grand rien, autour d'un feu de camp.

L'Outback

Le lendemain matin, les premiers rayons chauffent déjà fort et nous imposent de reprendre la route au plus vite. Plus nous roulons, plus les arbustes de spinifex qui composent l'essentiel du paysage sont clairsemés pour finalement n'être que quelques tâches vert olive dans l'océan d'herbes jaunies. La bande d'asphalte trace une ligne droite infinie vers le lointain. Autour tout est résolument plat, aride, vide. Seuls les cadavres de bœufs et de kangourous écrasés par les énormes road-trains cassent la monotonie du voyage. Le temps s'écoule très doucement, kilomètre après kilomètre et notre playliste musicale s'épuise au fil des jours.




Rien, rien, rien, rien, rien...
Rien, rien, rien, rien, rien...

Rien, rien, rien, rien, rien...

Le thermomètre grimpe à 45°C sous abri, combien en plein soleil sur le goudron brûlant? Nos réserves d'eau, même protégées, deviennent chaudes alors que l'air sec nous oblige à nous hydrater très régulièrement. Les légumes cuisent dans le meuble à l'arrière qui joue le rôle d'un four. Impossible de laisser son bras à la fenêtre sous peine d'être brûlé par les UV.


A l'inverse, chaque soir, lorsque le soleil disparaît enfin à l’horizon, il laisse place à un ciel étoilé inégalable. Distants de centaines de kilomètres de la pollution lumineuse de toute ville, la pureté de la voûte céleste nous laisse pantois. Sans relief à portée de vue, un tour à 360° sur soi-même, le nez en l'air, est une expérience grisante. De plus la température baisse considérablement et les nuits sont relativement douces.

... rien, rien, rien, rien!
... rien, rien, rien, rien!
... rien, rien, rien, rien!

... rien, rien, rien, rien!

Il n'y a, sur le trajet de plus de 3000 km, que deux villes. Le première, Mont Isa est une cité minière résolument hideuse où nous ne nous attarderont surtout pas. La seconde, Katherine, marque le début du Top End, la zone tropicale du Nord du pays, où surgissent des sources thermales rafraîchissantes. Entre les deux, seules quelques roadhouses, établissements combinant station service, épicerie et motel, distants de deux à trois cents kilomètres chacun invitent à marquer une pause civilisée.

Décors de Western à la sauce Australienne.
Décors de Western à la sauce Australienne.

Décors de Western à la sauce Australienne.

Cette expérience en conditions "extrêmes" sera mémorable. Des moments de doutes, des moments de joie et surtout de longs moments seuls avec soi-même qui permettent de prendre conscience toujours un peu plus de qui l'on est et de là où l'on va.

Tranche de vie sur notre route.

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