Mauritius Island

L'île Maurice.


Des plages de sable blanc bordées de cocotiers à perte de vue, de grands hôtels "all include", un lagon bleu turquoise avec des milliers de poissons multicolores... Pour tout le monde, Maurice c'est farniente sous les tropiques.


Je ne vous sortirais pas le beau discours des tours opérators, nous n'avons pas l'intention de voir tout ça. Les quatre jours prévu sur l'île se dérouleront loin des circuits touristiques.


Arrivant d'un long séjour à la Réunion, les premiers tours de roue sur l'asphalte de l'autoroute M1 ne nous dépaysent pas vraiment: le lourd climat de fin janvier, les champs de cannes à perte de vu et le bon vieux Sega dans les enceintes du taxi qui... roule à gauche. Et oui la petite île est sous influence Anglo-saxonne!


Remarquant des panneaux publicitaires en français, le chauffeur m'explique que l'anglais est officiel mais ma langue maternelle est comprise par la plupart des habitants. Dans la rue le créole Mauricien, proche du créole Réunionnais, est parlé entre autochtones. On entend aussi quelques dialectes Indous et arabes.


Nous arrivons dans le quartier populaire de Beau Bassin, au centre de l'île, le taxi nous dépose devant une petite rue étroite, au milieu de maisonnettes à demi commencées (ou à demi finies) où trône le toit qui abritera notre repos. Les cris joyeux des gamins du quartiers entrecoupés par le bruit des monocylindres asiatiques omniprésents, le chants des coqs ou les radios locales diffusant du ragga a tue tête ne nous dérangerons pas. Au lendemain du nouvel an Chinois, les boutiques sont quasi toutes fermées mais nous décidons de profiter de la fin de journée pour visiter les abords de notre pied à terre. Les quelques rares passants sont étonnés de nous croiser bien loin des lieux touristiques mais nous répondent avec le sourire. Une gargote nous servira deux fameuses barquettes à emporter pour le dîner, après avoir longuement discuté voyages avec la serveuse.


Les rues malpropres, les immenses pieds de mangues, les chiens errants, les saveurs épicées qui sortent des cuisines, la douce chaleur du crépuscule... tout nous rappelle le Réunion, voilà pourquoi les deux îles sont dites sœurs.

Le lendemain nous décidons de prendre le bus pour Port Louis. Atypiques, les vieux tas de ferrailles colorés sillonnent les routes en tout sens, à grand renfort d'échappements noirs et de coups de klaxons. Aux manettes, un chauffeur et un poinçonneur forment un duo de choc. Le premier s'efforce de nous mener à bon port le plus vite possible, considérant que son engin et sa précieuse cargaison ont plus d'importance que les autres usagers de la route. Le second règne en maître dans l'habitacle, orchestre les montées et descentes des passagers, imprime des tickets sur une machine hors du temps pour 20 roupies (50 centimes), et nous fait un clin d’œil complice quand on approche de l’arrêt demandé.

Arrivés à destination, nous jetons un très bref coup d’œil sur le Waterfront pour renifler l'odeur du fric puis nous prenons la direction du marché. C'est Samedi, c'est la fête de l'abolition de l'esclavage, c'est le bordel. Les commerces sont fermés mais les rues sont remplies de bazardiers braillards, maraîchers aux étals multicolores, vendeurs d'objets hétéroclites. Nous sommes les seuls blancs dans cet impressionnant brassage ethnique mais personne ne nous le fait sentir. Nous quittons rapidement le cœur du marché enivrant pour siroter un (Alooda au lait glacé) et dévorer un Tikka (du poulet frit dans du pain): coût total de l'opération 45 roupies (1 euro et quelques). Des dizaines d'autres vendeurs attelés à leurs petits chariots sur le bord de la route proposent ce genre de grignotages excitants à moindre coût. Limonades rafraîchissantes dans des verres en verre, Dhol Puri (oui, prononcez doles pourries) sur-garnies, vendeurs de kebab ambulants qui placent ceux de métropole au rang d'amateurs et bien sur les fameux mines frits (un bol de vermicelles chinois accommodés de viandes, d'épices et de verdure que l'on va manger debout dans la rue, avec le client précédent, avant de "laver" son bol dans une grande bassine).

On remonte Queen Street loin du brouhaha du centre pour nous diriger vers les quartiers musulmans et chinois. La fermeture exceptionnelle des boutiques aura raison de notre ardeur à visiter la ville de l’intérieur. Malgré quelques édifices d'époque, Port Louis est laide lorsqu'elle dort... Et elle ne se réveillera qu'après notre départ.

Un dernier détour par le "fameux" Jardin de Pamplemousse, créé par Pierre Poivre ( personnage que nous commençons à connaître après nous être intéressés à la botanique à la Réunion), nous laissera sur notre faim. Quelques arbres majestueux, les célèbres nénuphars, un guide à l'humour décapant mais rien d'extraordinaire niveau flore.

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