L'ouest, la pluie et l'auto-stop

La traversée de la région Nord aura vu défiler des villes aux noms évocateurs: Scottsdale, Launceston, Burnie... autant de consonances anglaises que de villes érigées à peine deux siècles auparavant par des mineurs et des prisonniers.


La dure réalité de l'auto-stop nous rattrapera au fur et à mesure de notre avancée. Nous décidons d'une destination mais pas de l'heure d'arrivée et encore moins des éventuels détours touristiques. Si bien que les curiosités naturelles qui jalonnent le parcours nous échappent pour la plupart et un sentiment d’inachevé s'empare de moi.


Pour couronner le tout, le temps n'est pas au beau. A notre arrivée, la côte nord aura des allures de Normandie un mauvais jour: du vent, des averses et un littoral semi aménagé pour un tourisme vieillissant.


Une nuit à Pengui, entre la route et le rail, achèvera notre optimisme. Nous décidons de lever l'ancre pour la très sauvage côte Ouest.


Sous un vent démentiel, c'est un taxi qui nous proposera de parcourir gratuitement la centaine de kilomètres qui nous sépare de Roseberry. Par la fenêtre, l'habituelle campagne vallonnée et sèche laisse peu à peu place à une forêt dense et d'imposants reliefs. Nous comparerons aisément la région à notre Jura, les villages Franc-Comptois en moins.

La pluie est de plus en plus pressante à mesure que nous nous rapprochons de notre destination et les prévisions météo de notre chauffeur peu rassurantes.

Lorsque je pose enfin le pied hors de la voiture, je suis saisi par une sensation oubliée: le froid.
Le grand froid humide. Un vent arctique gorgé d'une pluie fine qui se faufile dans les moindres interstices de mes vêtements et qui mord chaque centimètres de ma peau. Ce froid qui engourdit les membres et gèle les extrémités, laissant de fine gouttelettes glacées sur les cils et les cheveux. Cette sensation accablante de perdre son nez et de ne pas pouvoir lutter contre les éléments. La nature est déchaînée, c'est a peine si l'on parvient à traverser la route pour trouver notre chemin.

Nous nous réfugions dans un "Backerhouse", autour d'un bol de café fumant et nous rendons à l'évidence que la nuit prochaine ne se passera pas sous une toile de tente. La journée se termine péniblement au camping de Zeehan, une petit ville perdue dans l'ouest tasmanien, où nous opterons pour un bungalow tout confort avec une douche chaude et un bon matelas.

Zeehan, le centre ville.

Zeehan, le centre ville.

Scènes de vie
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